Nous développons chacun un réflexe auditif qui nous permet de réduire systématiquement les intensités sonores que nous percevons. Tout comme la vue s’épuise après un temps de lecture prolongé, l’ouïe s’amenuise également après avoir été exposée à des niveaux sonores importants. Un travailleur exposé en permanence à des bruits nocifs subit ainsi une fatigue auditive pouvant mener à une surdité. Le bruit au travail est la quatrième maladie professionnelle.

Le bruit au travail : 4ème maladie professionnelle - Medisafe

La surdité professionnelle, c’est quoi ?

L’exposition prolongée d’un travailleur à des niveaux de bruits intenses, traumatiques ou lésionnels peut détruire progressivement ses appareils auditifs. Ces dommages conduisent à une baisse temporaire ou à un déficit permanent de ses acuités auditives.

Il faut noter que les bruits sur les lieux de travail peuvent être évalués par la hauteur du son et son intensité. Lorsqu’une perte auditive atteint 100 dB, le travailleur devient un handicapé sensoriel et professionnel.

La surdité professionnelle c'est quoi ? - Medisafe

Les mesures à mettre en place pour réduire le bruit au travail

Les nuisances sonores en milieu professionnel font l’objet d’une réglementation qui vise à protéger le travailleur contre les risques de surdité. La première mesure concerne l’insonorisation qui consiste à réduire les bruits à la source. Pour cela il est recommandé d’installer des revêtements capables d’amortir les nuisances sonores. L’entretien ou l’isolation des machines bruyantes y est également inclus.

D’autres mesures de protection peuvent concerner le port d’équipements de travail comme une paire de bouchons d’oreilles ou d’un casque antibruit. Ces dispositifs sont prévus pour atténuer l’ampleur des sons nuisibles. Toutefois, pour une personne présentant un degré de surdité élevé, le port de ces matériels ne restitue pas la fonction auditive dans son ensemble.

Les différentes formes de surdité en milieu professionnel

Des outils permettent de mesurer les seuils à risques pouvant déclencher le réflexe auditif. Ils sont fixés à 80 dB pour 8 h de travail et à 103 dB pour 15 minutes de travail. Autrement dit, un travailleur qui s’expose durant 8 h à 80 dB de nuisance sonore présente les mêmes risques de surdité que celui qui subit durant 15 minutes un niveau sonore atteignant 103 dB.

Trois types de surdité sont décelables en milieu professionnel :

  • légère : le bruit existe, mais le travailleur ne le perçoit pas, car sa fréquence est basse
  • moyenne : le travailleur perçoit directement la fréquence aiguë du bruit
  • profonde et irréversible : le travailleur est atteint d’un déficit de perception grave

Les principaux effets de la surdité sur l’organisme

Sans une protection acoustique adéquate, la surdité professionnelle se manifeste après une accumulation de fatigue auditive, pouvant ainsi causer des déficits auditifs permanents. Lors des premiers symptômes, le travailleur ne se doute de rien. Puis, survient une phase dite « de latence » qui peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années. Ensuite, il commence progressivement à ne plus entendre certains sons, même si ceux-ci sont aigus.

Les risques du bruit au travail

Toute exposition à un niveau sonore intense, même de très courtes durées est dangereuse. Les atteintes liées à l’exposition prolongée au bruit sont souvent très progressives. Elles ne sont pas détectées immédiatement par le travailleur.

Il convient ainsi de porter une attention particulière aux autres symptômes qui se manifestent tels que :

  • l’acouphène,
  • un sifflement permanent,
  • un bourdonnement à l’oreille,
  • un vertige,
  • une otalgie ou
  • une manifestation extra-auditive comme la céphalée.

Autres effets sur l’organisme

Si les effets des bruits sur la santé peuvent être multiples, aucun soin définitif ne peut être apporté aujourd’hui à la surdité. L’on parle souvent de pollution sonore selon le niveau de l’exposition du travailleur aux bruits.

À l’inverse des yeux, nos oreilles restent ouvertes en permanence, et reçoivent tous les sons. Au-delà d’une perte d’audition momentanée ou irréversible, les bruits au travail entraînent des réactions physiologiques se traduisant par des problèmes de fatigue et de stress. Ceux-ci sont liés à la mauvaise qualité du sommeil du travailleur.

Informations complémentaires

La surdité due aux bruits en milieu de travail est la maladie professionnelle la plus coûteuse. Elle constitue près de 33 % des rentes versées par la Sécurité sociale pour la réparation de l’ensemble des maladies professionnelles.

Cette maladie professionnelle indemnisable est prise en charge dans un délai d’un an. Il faut que l’exposition du travailleur au bruit ait duré une année. Cette durée est par contre fixée à 30 jours dans le cadre de la mise au point de réacteurs, de propulseurs ou de moteurs à pistons.

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